Les vacances de Gregory

La lumière du soleil devient assez forte pour indiquer qu’il doit être l’heure de s’en aller, ce que la montre bracelet posée sur la table de chevet confirme : il est cinq heures. Gregory se redresse et regarde les draps blancs immaculés et un peu rêches qui recouvrent le corps allongé à ses côtés. Seuls les longs cheveux blonds qui masquent complètement le visage de Julie indiquent qu’il s’agit d’une femme ; il ne préfère pas en voir plus et se lève. En outre, il aimerait partir avant d’être vu par le personnel de l’hôtel.
Il a le temps de prendre une douche, ce qu’il fait car il ne voudrait pas sortir dans la rue sans avoir son air de jeune homme à marier. Pendant qu’il se douche, la lumière puissante de ce matin d’été envahit totalement la chambre et le carré de la fenêtre tombe pile sur le corps enveloppé de blanc de Julie, marquant particulièrement sa chevelure flamboyante. Elle ne bouge pas.
Gregory sort de la douche froide qu’il s’impose pour bien se réveiller. Il se regarde dans la glace et constate qu’elle a griffé son torse imberbe, fin, bronzé et musclé. Cela l’énerve car il n’ira pas à la plage le temps que les cicatrices se referment. Hors, n’est-ce pas sur la plage qu’il recrute le plus de ces superbes femmes? N’ayant pas une conversation aisée en français il préfère en effet les attirer par son corps, qu’il sait parfait, que par les paroles. Gregory reconnaît qu’il ne pense pas beaucoup et que, chez lui, l’action prime sur la réflexion, mais il sait que cela ne l’empêche pas de vivre car il maîtrise la chasse comme personne, et en bon chasseur, il sait s’arrêter quand cela est nécessaire.
Dans la chambre, la lumière se fait aveuglante, les draps, comme sculptés sur le corps de femme font penser aux prouesses du Bernin, laissant à imaginer les formes du corps sans le voir au travers des plis du tissu. Julie a des atouts qui auraient attiré plus d’un artiste du temps où la beauté parfaite des canons constituait la seule recherche des artistes.
Gregory a séché ses cheveux en leur imposant la forme souhaitée. Il emprunte de la laque à Julie pour fixer son œuvre. Ce n’est pas ce qu’il préfère mais il s’en contentera. La coiffure fait partie intégrante des attraits nécessaires pour plaire au type de femmes comme Julie ; Il trouve cela un peu stupide car s’il se baigne tout tombe et donc, il perd son charme. Quand il chasse, il n’entre pas dans la méditerranée. Il voit qu’elle a une crème pour le visage et en applique sur sa peau jeune mais tirée par la nuit trop courte. Ils sont arrivés dans la chambre de Julie vers deux heures du matin. Gregory va devoir trouver un endroit où faire la sieste.
Dans la chambre lumineuse Gregory rassemble ses affaires. Il n’est pas question d’oublier quoi que ce soit. Alors qu’il s’habille enfin, il contemple l’œuvre. Elle lui rappelle Perpignan lundi dernier, Narbonne mardi, Montpellier mercredi, Marseille jeudi, ou encore les corps parfaits de Marie, Nathalie, Carla et Annie, dont la dernière image est toujours celle d’une sculpture de draps à la forme de femme. Dans la journée il se rendra de Cannes à Nice où, si tout ce passe bien il rencontrera sa dernière conquête avant de traverser l’Europe pour retourner chez lui, un peu plus riche de ces rencontres avec des femmes seules en villégiature sur les bords de mer.
Il attache sa montre bracelet et contemple une dernière fois la pureté de la forme des draps d’où jaillissent les magnifiques cheveux blonds.
Gregory sort en plaçant, comme à son habitude, le panneau Do Not Disturb / Ne pas déranger. Alors qu’il sort discrètement et disparaît sans être remarqué, les rayons du soleil lèchent la sculpture, la subliment et la réchauffent un peu.

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5 réflexions sur “Les vacances de Gregory

  1. Pingback: On continue cette semaine avec Gregory! | difference propre

  2. Je suis dans une colère !!! J’en bredouille de rage. Je t’explique : je farfouillais tranquille sur un autre blog (Différence Propre pour pas le nommer, que j’ai découverte tout récemment) et là, que vois-je ? Des articles de Rémy Mercy, LE Rémy Mercy que je suivais dès mes balbutiants débuts ! Toi, quoi… Des nouveaux articles ! Sur ton blog, l’ancien, que je suivais avec avidité et qui avait disparu de mon reader… Du coup, j’ai des mois de retard, chez toi…
    Non, mais je te dis… Ils vont m’entendre, chez WordPress, ça va chier !

    • Bonjour Camille,
      Je me suis un peu endormi… j’avoue… pourtant, autant je n’arrive pas à arrêter la cigarette, autant ne pas écrire s’avère possible, même si douloureux.
      Je n’écris plus, en ce moment, au sens littéral; dans ma tête, pourtant, de la matière sans cesse se crée. Au point que la confusion me fait peur et que je repousse sans cesse le moment de me saisir d’un outil permettant de coucher des mots sur du papier ou de taper ces derniers – mais sans violence – sur un clavier (qui lui-même, par des pulsations électriques dont je ne maîtrise pas la technique, les retranscrirait à l’aide de 0 et de 1 sur une page blanche (pourquoi blanche, je ne sais) d’un logiciel de traitement de texte).

      je t’embrasse
      Rémy

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